14ème Carrefour Européen du Patchwork - du 18 au 21 septembre 2008 // 14th European Patchwork Meeting - 18 - 21 September, 2008 // 14. Europäisches Patchwork Treffen - 18 bis zum 21 September 2008
Ste-Marie-aux-Mines, berceau du mouvement Amish

Le mouvement amish a été fondé à Sainte-Marie-aux-Mines en 1693 par Jacob Amann. C’est une communauté réputée pour son style de vie très austère, qui a donné ses lettres de noblesse à un art textile particulier : le quilt amish.

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Jacob Amann, dit "le Patriarche" est né en 1644 à Erlenbach dans le Simmental (canton de Berne). Après avoir séjourné un temps dans la région de Steffisburg, il choisit de se rendre vers 1693 en Alsace où il s’établit vraisemblablement d’abord à Heidolsheim. Il entreprit de mobiliser les "Frères" d’Alsace vers plus de rigueur dans les pratiques religieuses et la discipline, et une plus grande simplicité de vie. En raison de sa forte personnalité, il entra rapidement en conflit avec l’ancienne communauté anabaptiste de Ste-Marie-aux-Mines et par la suite avec ceux de Suisse et du Palatinat dont la rupture fut l’aboutissement. Il vient s’établir avec ses adeptes dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines. Lui-même habitait La Petite-Lièpvre où il exerçait probablement le métier de tailleur. En 1712, il quitta la vallée, lui aussi touché par l’ordre de Louis XIV, pour se rendre non loin de Zellwiller, près de Barr. C’est là que ses traces se perdent. Selon les dires de sa fille, il serait décédé avant 1730.

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Les Amish sont un ordre religieux qui, comme tout ordre, s’appuie sur une règle : Ordnung. C’est l’Ordnung qui règle tous les détails de la vie pratique, de la naissance à la mort. L’accent est mis sur la simplicité de la foi : il faut suivre Jésus dans la vie de tous les jours, c’est-à-dire renoncer à soi-même, renoncer à vouloir jouer un rôle dans le monde, apprendre à supporter les épreuves avec patience et tout espérer de "l’autre monde". La philosophie de vie Amish, proche du stoïcisme, est en religion un quiétisme teinté de piétisme. D’une manière très conforme au pessimisme monastique, les Amish pensent que la seule manière possible, pour eux-mêmes, de pouvoir mettre en pratique les enseignements de Jésus, c’est de vivre en communauté et d’essayer de se soustraire aux mauvaises influences du monde moderne en s’en séparant.

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Les Amish aujourd’hui

Les sociologues qui prévoyaient, dans les années 1950, la disparition des Amish par dissolution dans le "melting pot" américain, se sont trompés. Paradoxalement, le monde moderne devenant de plus en plus "inhumain", davantage de dissidents l’abandonnent pour rejoindre l’ordre. Aux Etats-Unis, les Amish ne sont pas menacés d’extinction mais personne ne peut dire sous quelle forme leur communauté subsistera.

Pour échapper à l’emprise de cette terre, et de ce temps, les Amish ont compris que tout ce qui ne dépendait pas de nous n’avait finalement que peu d’importance. Ayant renoncé aux concepts illusoires de libre-arbitre, d’émotivité, d’activité, ils se contentent de naître là où Dieu les a placé : dans leur communauté, d’y vivre et d’y mourir le plus humblement possible. Nous pouvons leur faire confiance, avec eux l’ordre éternel n’aura été que très momentanément perturbé.

(Extraits d’un document de Fritz Plancke, publié par l’Association d’Histoire Anabaptiste Mennonite OTSI Sainte-Marie-aux-Mines).